Kaum ein französischer Regisseur ist so eng mit einer Stadt verbunden wie Robert Guédiguian mit Marseille. Seit seinem ersten Spielfilm Dernier été (1981) kehrt der 1953 in Marseille geborene Filmemacher immer wieder dorthin zurück. Doch Marseille ist bei Guédiguian weit mehr als ein Drehort: Die Stadt ist sozialer und emotionaler Kosmos, Erinnerungsraum und politischer Schauplatz zugleich. Arbeit und Migration, Liebe und Familie, Armut und Solidarität, politische Hoffnungen und gesellschaftliche Veränderungen verdichten sich hier zu Geschichten.
Im Zentrum seines Kinos stehen Menschen, die im Film – wie im Leben – allzu oft Randfiguren sind: Arbeiter:innen, Arbeitslose und Rentner:innen, Migrant:innen, Alleinerziehende, …. Guédiguian erzählt nicht über sie, sondern mit ihnen. Seine Figuren sind weder soziale Abziehbilder noch Opfer ihrer Verhältnisse. Er gibt ihnen Raum, Würde und Widersprüchlichkeit. Sie lieben, streiten, scheitern, träumen und suchen nach Formen des Zusammenlebens.
Werkstattgespräch
Tü: ICFA
So 01 | 15.30
Eintritt frei
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Gerade aus dieser Nähe zum Konkreten und Persönlichen gewinnt Guédiguians Kino seine politische Kraft. Eine Liebesgeschichte kann bei Guédiguian wie in Marius et Jeannette (1997) zugleich von Klassenverhältnissen erzählen, ein Familienkonflikt wie in Gloria Mundi (2019) oder La Pie voleuse (2024) auf politische und ökonomische Veränderungen verweisen und ein scheinbar alltäglicher Abend unter Freunden zum Abbild einer ganzen Gesellschaft werden. Dabei wechselt Guédiguian gekonnt die Tonalitäten: Sozialdrama, Komödie, Liebesgeschichte und Märchen gehen bei ihm ineinander über. Sein Kino ist weder naiver Optimismus noch ausschließlich düsterer Realismus. Es hält vielmehr beides zusammen. Guédiguian möchte, wie er selbst sagt, die Welt zeigen, »wie sie ist, und wie sie sein könnte«. Sein Marseille ist deshalb nie touristische Postkartenstadt. Es ist das Marseille der Häfen und Fabriken, der Wohnviertel, Cafés und Bars. Besonders L’Estaque, das Arbeiterviertel im Nordwesten der Stadt, wird in seinen Filmen zu einem wiederkehrenden Erinnerungsort. Wie die Stadt Konstante und Ausdruck für Veränderung zugleich ist und dabei den urbanen Wandel über die Jahre hinweg sichtbar macht, treten Kontinuitäten und Alterungsprozesse auch über die „Troupe Guédiguian“, sein Schauspieler:innen-Ensemble, in ein spannendes Wechselspiel: Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin und Gérard Meylan gehören seit Jahrzehnten zu den vertrauten Gesichtern seines Kinos. Die Schauspieler:innen altern mit ihren Figuren und so entsteht über die einzelnen Filme hinweg beinahe eine fortlaufende Chronik einer Gemeinschaft – mit ihren Hoffnungen, Konflikten, Verlusten und Neuanfängen. Auch formal setzt Guédiguian auf Beständigkeit. Seine Inszenierungen sind häufig zurückhaltend, konzentrieren sich auf wenige Schauplätze und lassen ihre Nähe zur Tradition des Brecht’schen Theaters erkennen. Und selbst wenn Guédiguian Marseille verlässt – etwa in Le Promeneur du Champ de Mars (2005) oder Twist à Bamako (2021) –, bleiben seine zentralen Fragen dieselben: Was steht zwischen politischer Hoffnung und privatem Lebensentwurf? Was bedeutet Solidarität? Und wie lässt sich die Hoffnung auf eine andere Welt bewahren? Über mehr als vier Jahrzehnte ist so ein Kino entstanden, das vom Lokalen ins Universelle führt. Ein Kino, in dem die Welt in Gesichtern und alltäglichen Entscheidungen beginnt und das von konkreten Orten und Menschen – und dadurch von uns allen erzählt.
Robert Guédiguian
Biografie
Robert Guédiguian wurde in Marseille geboren. Sein Vater war Hafenarbeiter und stammte aus einer armenischen Familie, seine Mutter arbeitete als Putzfrau und hatte deutsche Wurzeln. In seiner familiären Herkunft begegnen sich damit zwei historische Erfahrungen: die eines Volkes, das Opfer eines Völkermords wurde, und die eines Volkes, das einen Völkermord beging. Diese widersprüchliche familiäre Geschichte prägte Guédiguians politisches Denken und trug dazu bei, ihn zu einem überzeugten Verfechter der Umverteilung des Reichtums, des Universalismus und des Antirassismus zu machen.
Anhand des Arbeiterviertels L’Estaque beleuchtet er die Geschichte derer, die er in Anlehnung an Victor Hugo als „arme Leute“ bezeichnet: Arbeiter:innen, Angestellte, Kleinunternehmer, Arbeitssuchende, sozial Ausgegrenzte … Seine Weltanschauung spiegelt sich auch durch das Drehen von Filmen an Orten wie Sarajevo, Eriwan, Beirut oder Dakar wider. Seine Filme wurden siebenmal nach Cannes, viermal nach Venedig und zweimal zur Berlinale eingeladen.
Filmografie
2026 Une femme aujourd’hui
2024 La Pie voleuse
2023 Et la Fête continue !
2021 Twist à Bamako
2019 Gloria Mundi
2017 La Villa
2015 Une histoire de fou
2014 Au fil d’Ariane
2010 Les Neiges du Kilimandjaro
2009 L’Armée du Crime
2007 Lady Jane
2006 Le Voyage en Arménie
2005 Le Promeneur du Champ de Mars
2003 Mon père est ingénieur
2002 Marie-Jo et ses deux amours
2001 La Ville est tranquille
2000 À l’attaque
1998 À la place du cœur
1997 Marius et Jeannette
1995 À la vie, à la mort !
1993 L’Argent fait le bonheur
1989 Dieu vomit les tièdes
1985 Ki lo sa ?
1983 Rouge midi
1981 Dernier été
Rares sont les réalisateurs français aussi étroitement liés à une ville que l’est Robert Guédiguian à Marseille. Depuis son premier long métrage, Dernier été (1981), ce cinéaste né à Marseille en 1953 y revient sans cesse. Mais pour Guédiguian, Marseille est bien plus qu’un simple lieu de tournage : la ville est à la fois un univers social et émotionnel, un lieu de mémoire et une scène politique. Le travail et la migration, l’amour et la famille, la pauvreté et la solidarité, les espoirs politiques et les changements sociaux s’y condensent en récits.
Au cœur de son cinéma se trouvent celles et ceux qui, à l’écran comme dans la vie, sont trop souvent relégué.es aux marges : des travailleur.euse.s, des chômeur.euse.s, des retraité.e.s, des migrant.e.s, des parents isolés, … Guédiguian ne raconte pas leur histoire, mais la construit avec eux. Ses personnages ne sont ni des stéréotypes sociaux ni de simples victimes de leur condition. Il leur accorde de l’espace, de la dignité et toute leur complexité. Ils aiment, se disputent, échouent, rêvent et cherchent des façons de vivre ensemble.
Rencontre
Tü: ICFA
Di 01 | 15.30
Entrée libre
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C’est précisément de cette proximité avec le concret et l’intime que le cinéma de Guédiguian tire sa force politique. Chez Guédiguian, une histoire d’amour, comme dans Marius et Jeannette (1997), peut également raconter les rapports de classe, un conflit familial, comme dans Gloria Mundi (2019) ou La pie voleuse (2024), peut faire écho à des changements politiques et économiques et une soirée ordinaire entre ami.es peut se faire le reflet de toute une société. Ce faisant, Guédiguian alterne habilement les tonalités : chez lui, drame social, comédie, histoire d’amour et conte se confondent. Son cinéma ne relève ni d’un optimisme naïf, ni d’un réalisme exclusivement sombre. Il réunit plutôt les deux. Guédiguian souhaite, comme il le dit lui-même, montrer le monde « tel qu’il est et tel qu’il pourrait être ». Son Marseille n’est donc jamais une ville touristique de carte postale. C’est le Marseille des ports et des usines, des quartiers résidentiels, des cafés et des bars. L’Estaque, en particulier, ce quartier ouvrier situé au nord-ouest de la ville, devient dans ses films un lieu de mémoire récurrent. Tout comme la ville incarne à la fois une constante et un changement, rendant ainsi visible les transformations urbaines au fil des années, les continuités et les effets du temps se manifestent également à travers la « troupe Guédiguian », sa troupe d’acteur.rice.s, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan comptent depuis des décennies parmi les visages familiers de son cinéma. Les comédien.ne.s vieillissent avec leurs personnages, ce qui donne lieu, d’un film à l’autre, à une sorte de chronique continue d’une communauté, avec ses espoirs, ses conflits, ses pertes et ses nouveaux départs. Sur le plan formel également, Guédiguian mise sur la continuité. Ses mises en scène sont souvent sobres, se concentrent sur un nombre restreint de lieux et laissent transparaître leur proximité avec la tradition du théâtre brechtien. Et même lorsque Guédiguian quitte Marseille – comme dans Le Promeneur du Champ de Mars (2005) ou Twist à Bamako (2021) –, ses questions centrales restent les mêmes : Qu’est-ce qui se joue entre espoir politique et projet de vie personnel ? Que signifie la solidarité ? Et comment préserver l’espoir d’un monde différent ? C’est ainsi que s’est construit, en plus de quatre décennies, un cinéma qui mène du local à l’universel. Un cinéma dans lequel le monde commence par des visages et des choix quotidiens, et qui raconte des lieux et des êtres concrets – et, à travers eux, parle de nous tou.te.s.
Robert Guédiguian
Biographie
Né à Marseille, Robert Guédiguian est d’origine arménienne par son père docker et allemande par sa mère femme de ménage. Son histoire familiale réunit ainsi deux expériences historiques opposées : celle d’un peuple victime d’un génocide et celle d’un peuple qui en a commis un. Cela a contribué à faire de lui un fervent défenseur du partage des richesses, de l’universalisme et de l’antiracisme. C’est à travers le quartier ouvrier de L’Estaque qu’il scrute l’histoire de ceux qu’il appelle, en référence à Victor Hugo, les « pauvres gens » : ouvriers, salariés, petits patrons, chômeurs, déclassés… Il a éprouvé sa vision du monde en tournant aussi, à Sarajevo, Erevan, Beyrouth ou Dakar. Il a été sélectionné 7 fois à Cannes, 4 fois à Venise et 2 fois à Berlin.
Filmographie
2026 Une femme aujourd’hui
2024 La Pie voleuse
2023 Et la Fête continue !
2021 Twist à Bamako
2019 Gloria Mundi
2017 La Villa
2015 Une histoire de fou
2014 Au fil d’Ariane
2010 Les Neiges du Kilimandjaro
2009 L’Armée du Crime
2007 Lady Jane
2006 Le Voyage en Arménie
2005 Le Promeneur du Champ de Mars
2003 Mon père est ingénieur
2002 Marie-Jo et ses deux amours
2001 La Ville est tranquille
2000 À l’attaque
1998 À la place du cœur
1997 Marius et Jeannette
1995 À la vie, à la mort !
1993 L’Argent fait le bonheur
1989 Dieu vomit les tièdes
1985 Ki lo sa ?
1983 Rouge midi
1981 Dernier été