Geschichten von Menschen und Bäumen
Während Geschichtsschreibung im europäischen Verständnis der Objektivität verpflichtet ist, sind in Westafrika Griots und Griottes Träger der Überlieferung.
Ein Griot, in den Mandé-Sprache auch »Djeli« genannt, ist Geschichtenerzähler, Musiker, Poet und personifiziert damit das kollektive Gedächtnis einer Familie, eines Dorfes, einer Stadt oder sogar einer ganzen Nation. Als Bewahrer von Geschichte, Genealogien und kulturellem Wissen kommt ihm damit eine große Autorität und Verantwortung zu. Gerade die weiblichen Griottes nehmen dabei eine besondere Rolle ein: Sie verschaffen sich auch in patriarchal geprägten Gesellschaften Gehör und bewahren weibliche Perspektiven in der mündlichen Überlieferung. Griot:te zu werden ist keine individuelle Entscheidung, sondern eine Berufung durch die Gemeinschaft. Man wird als Griot:te geboren, aber erst durch die Initiation wird man Griot:te.
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Die Bedeutung der Griot:tes und die Tradition mündlicher Überlieferung zwischen den Generationen findet sich – mal stärker, mal nur am Rande – auch in einigen der diesjährigen Filme wieder. In Djeliya, mémoire du Mandé, begibt sich Sékou Timité auf eine Initiationsreise durch das Mandingoreich Westafrikas und überquert dabei immer wieder Landesgrenzen. In Dao begegnen sich Leben und Tod. Das Abschiedsritual eines Patriarchen in einem Dorf in Guinea-Bissau wird der Hochzeitsfeier seiner Enkelin in Frankreich filmisch gegenübergestellt. Für die Zeremonie reist die französische Familie nach Guinea-Bissau, wo zwei Welten und Generationen aufeinandertreffen. Der Mord an dem namenlosen »Araber« aus Albert Camus‘ »Der Fremde« steht im Zentrum des Films L’Arabe, erzählt aus der Perspektive des jüngeren Bruders des Opfers. Der Tod von Moussa überschattet das gesamte Leben des Erzählers. Abzureißen droht die Tradition in der Familie von Josette in La maison du vent. Für die in Europa verstreuten Kinder hat sie in Yaoundé ein Haus gebaut, das wahrscheinlich niemand von ihnen je bewohnen wird. Congo Boy, unser diesjähriger Wettbewerbsbeitrag, ist nach mehr als 20 Jahren der erste Spielfilm aus der Zentralafrikanischen Republik. Robert, ein jugendlicher Flüchtling aus dem Kongo, der sich allein um seine Geschwister kümmern muss, entdeckt sein Talent für die Musik und reiht sich damit in die große Tradition des Griots ein. In Alea Jacarandas erzählt Schriftsteller Ameziane Ferhani die Geschichte des aus Südamerika stammenden und von den Kolonialherren mitgebrachten Jacaranda-Baumes. Gemeinsam flanieren Vater und Sohn mit der Kamera durch die Stadt Algier. So wird der Vater gewissermaßen zu einem Griot, der die Schönheit Algiers zum Ausgangpunkt seiner Geschichten macht. Nicht die erzählerische Distanz eines Griots, sondern die unmittelbare Wut und auch Verzweiflung der kongolesischen Jugend brechen sich in Trop c’est trop – Genug ist genug ihre Bahn. Auch die ruandischen Frauen in Ben’Imana sind mit den widersprüchlichen Gefühlen einer schmerzhaften Vergangenheit konfrontiert. Sie setzen sich 2012 während der sogenannten Gacaca-Tribunale (Prozesse lokaler Gerichte zur Aufarbeitung des Genozids) mit den Folgen der Gewalt auseinander. Ein zweiter Film aus Ruanda – Phiona, la fille de Madrid – erzählt kammerspielartig und mit überzeugenden Darstellerinnen leise von den Erfahrungen einer jungen Generation, insbesondere der Frauen in Kigali, vor dem Hintergrund der Corona-Pandemie. So wirft die diesjährige Auswahl an afrikanischen Filmen thematisch und künstlerisch verschiedene Blicke auf transnationale und -kontinentale Verbindungen, Geschichten und Traditionen.
Veranstaltungsprogramm
Gesprächsrunde Fokus Afrika
Erinnern, was weiterlebt: Aus der filmischen Auseinandersetzung mit dem Tod lernen
Alle Kulturen sind auf vielfältige Weise von der Auseinandersetzung mit dem Tod geprägt. Die diesjährige Auswahl afrikanischer Filme lädt dazu ein, unsere Beziehung zu den Verstorbenen zu erkunden und – wie die belgische Philosophin Vinciane Despret es formuliert – danach zu fragen, wozu uns unsere Verstorbenen bewegen. Welche Geschichten erzählen wir über sie? Wie bewahren wir die Verbindung zu ihnen? Und in wiefern kann diese Verbindung lebendig bleiben und sogar Zukunft schaffen? Anhand der Filme möchten wir diesen Fragen gemeinsam nach gehen, miteinander ins Gespräch kommen und dabei auch von unseren unterschiedlichen Erfahrungen und Perspektiven profitieren.
Zu Gast:
Rafiki Fariala, Regisseur von Congo Boy
Boubacar Sangaré, Regisseur von Djeliya, mémoire du Mandé
Auguste Bernard Kouemo Yanghu, Regisseur von La Maison du vent
Katy Correa, Schauspielerin in Dao
Moderation: Sophie Salbot, Produzentin
Tü: Stadtmuseum
Sa 31 | 15.00
Eintritt frei
In Kooperation mit dem Romanischen Seminar, dem Interdisciplinary Centre for Global South Studies und dem Zentrum für frankophone Welten der Universität Tübingen, in Zusammenarbeit mit Susanne Goumegou, Professorin für Romanische Philologie und Direktorin des ICGSS (Interdisciplinary Centre for Global South Studies) und Thierno Dia, Soziologe und Chefredakteur von Africiné.
Vorstellungen in Kooperation mit dem Linden-Museum
In Zusammenarbeit mit dem Linden-Museum Stuttgart laden wir zu einem „Fokus Afrika“-Abend ein. Gezeigt werden die beiden Filme Trop c’est trop und Djeliya, mémoire du Mandé.
Zu Gast: Boubacar Sangaré, Regisseur von Djeliya, mémoire du Mandé
Moderation: Dr. Noam Gramlich, Linden-Museum Stuttgart
Trop c’est trop
S: Linden-Museum Stuttgart
Mo 02 | 18.30
Djeliya, mémoire du Mandé
S: Linden-Museum Stuttgart
Mo 02 | 20.00
Histoires d’hommes et d’arbres
Alors que l’écriture de l’histoire, selon la conception européenne, se doit d’être objective, en Afrique de l’Ouest, ce sont les griots et les griottes qui sont les gardiens de la tradition.
Un griot, également appelé « Djeli » en langue mandé, est à la fois conteur, musicien et poète ; il incarne ainsi la mémoire collective d’une famille, d’un village, d’une ville, voire d’une nation tout entière. En tant que gardien de l’histoire, des généalogies et du savoir culturel, il jouit d’une grande autorité et assume une responsabilité majeure. Les griottes jouent à cet égard un rôle spécifique : même dans des sociétés patriarcales, elles parviennent à faire entendre leur voix et préservent ainsi les perspectives féminines dans la tradition orale. Devenir griot.te ne relève pas d’un choix individuel, mais d’une vocation reconnue par la communauté. On naît griot.te, mais ce n’est qu’après l’initiation que l’on devient véritablement griot.te.
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L’importance des griot.tes et la tradition de la transmission orale entre les générations se retrouvent – tantôt de manière marquée, tantôt en filigrane – dans certains des films présentés cette année. Dans Djeliya, mémoire du Mandé, Sékou Timité entreprend un voyage d’initiation à travers l’empire mandingue d’Afrique de l’Ouest, franchissant à plusieurs reprises les frontières nationales. Dans Dao, la vie et la mort se font face. Le rituel d’adieu à un patriarche dans un village de Guinée-Bissau est mis en parallèle avec la cérémonie de mariage de sa petite-fille en France. Pour cette cérémonie, la famille française se rend en Guinée-Bissau, où se rencontrent deux mondes et deux générations. Le meurtre de « l’Arabe » anonyme, personnage du roman « L’Étranger » d’Albert Camus, est au cœur du film L’Arabe, raconté du point de vue du frère cadet de la victime. La mort de Moussa jette une ombre sur toute la vie du narrateur. Dans La maison du vent, la tradition menace de se perdre au sein de la famille de Josette. Pour ses enfants dispersés en Europe, elle a fait construire une maison à Yaoundé, qu’aucun d’entre eux n’habitera probablement jamais. Congo Boy, notre film en compétition cette année, est le premier long métrage produit en République centrafricaine depuis plus de vingt ans. Robert, un jeune réfugié congolais qui doit s’occuper seul de ses frères et sœurs, découvre son talent pour la musique et s’inscrit ainsi dans la grande tradition des griots. Dans Alea Jacarandas, l’écrivain Ameziane Ferhani retrace l’histoire du jacaranda, arbre originaire d’Amérique du Sud et introduit par les colonisateurs. Ensemble, le père et son fils flânent dans la ville d’Alger, accompagnés par la caméra. Le père devient ainsi, en quelque sorte, un griot qui fait de la beauté d’Alger le point de départ de ses récits. Ce n’est pas la distance narrative d’un griot, mais la colère vive et le désespoir de la jeunesse congolaise qui s’expriment dans Trop c’est trop. Les femmes rwandaises de Ben’Imana sont elles aussi confrontées aux sentiments contradictoires d’un passé douloureux. En 2012, lors des tribunaux Gacaca (procès locaux visant à traiter les crimes liés au génocide), elles font face aux conséquences de la violence. Un deuxième film rwandais – Phiona, la fille de Madrid – évoque avec retenue, dans un style intimiste porté par des actrices convaincantes, les expériences d’une jeune génération, en particulier celles des femmes de Kigali, sur fond de pandémie de coronavirus. Ainsi, la sélection de films africains de cette année offre, tant sur le plan thématique qu’artistique, différents regards sur les liens, les histoires et les traditions transnationales et transcontinentales.
Les Extras du festival
Table ronde Focus Afrique
Se souvenir de ce qui perdure : Apprendre du cinéma à travers sa confrontation avec la mort
Toutes les cultures sont marquées, de multiples façons, par le rapport à la mort. La sélection de films africains de cette année nous invite à explorer les relations que nous entretenons avec nos morts et – comme le dirait la philosophe belge Vinciane Despret – à nous interroger sur ce que nos défunts nous inspirent, ce qu’ils nous font faire. Quels sont les récits que nous élaborons à leur sujet ? Comment entretenons-nous le lien qui nous unit à eux ? Et dans quelle mesure ce lien
peut-il être vivant et producteur de futurs ? À travers ces films, nous souhaitons aborder ensemble ces questions, engager le dialogue et aussi nous
nourrir de nos expériences respectives.
Intervenant.e.s :
Rafiki Fariala, Regisseur von Congo Boy
Boubacar Sangaré, Regisseur von Djeliya, mémoire du Mandé
Auguste Bernard Kouemo Yanghu, Regisseur von La Maison du vent
Katy Correa, Schauspielerin in Dao
Animation : Sophie Salbot, Produzentin
Tü: Festivalzentrum
Sa 31 | 11.00
Lu 02 | 11.00
Entrée libre
Projection en collaboration avec le Linden-Museum
En collaboration avec le Linden-Museum de Stuttgart, nous vous invitons à une soirée « Focus Afrique ». Au programme : les deux films Trop c’est trop et Djeliya, mémoire du Mandé.
Intervenant.e.s : Boubacar Sangaré, Regisseur von Djeliya, mémoire du Mandé
Animation : Dr. Noam Gramlich, Linden-Museum Stuttgart
Trop c’est trop
S: Linden-Museum Stuttgart
Lu 02 | 18.30
Djeliya, mémoire du Mandé
S: Linden-Museum Stuttgart
Lu 02 | 20.00